Découverte d’une rivière : la Touvre

Découverte d’une rivière : la Touvre

Quand on habite sur Bordeaux, il n’est pas simple d’assouvir sa passion pour la fario sauvage. Les rivières de première catégorie de la Gironde ne produisent pas de souche sauvage par impossibilité de reproduction. La seule solution réaliste pour une sortie sur une journée est donc se tourner vers la Touvre, à 1h30 de route. Cette rivière très particulière est un affluent de la Charente, dans le département du même nom, classé en première catégorie, et ne proposant que de la fario (pas de lâchers d’arc-en-ciel). Et quelles farios ! La Touvre est la deuxième résurgence de France en terme de débit, derrière la Sorgue (Vaucluse). Elle produit des truites de 50 cm en seulement 4 ans grâce à une eau constamment autour de 12 degrés quelle que soit la saison, et une végétation aquatique très fournie, fixant une nourriture riche. La taille légale de capture est fixée à 40 cm, et les truites de la Touvre sont surnommées localement « grassettes », car cette abondance de ressources favorise aussi leur embonpoint !
Cette végétation aquatique ne permet d’ailleurs pas aisément la pêche au toc, possible sur des spots marqués et restreints. La pêche reine est la mouche, en sèche bien sûr, mai aussi la nymphe au fil, pour pêcher juste sous la canne entre les couloirs d’herbiers. A titre personnel, je pêche la Touvre depuis seulement 2 ans, avec 2 ou 3 sorties par an, et j’apprécie désormais de démarrer ma journée au toc, sur les quelques spots possibles. Je passe ensuite en nymphe au fil, ou en nymphe à vue, et enfin, je réserve la sèche pour les gobages. Beaucoup de pêcheurs cherchent les plus gros poissons aux leurres, et il faut beaucoup de dextérité pour passer correctement les petits poissons nageurs et autre ondulantes entre les couloirs d’herbiers.
La Touvre est globalement une rivière exigeante en terme de technique. Et comme elle ne fait hélas que 11 km de long, elle est très pêchée, et le poisson, bien éduqué. Pour corser le tout, il y a des populations de cygnes parfois exubérantes, et l’été, on est embêtés par les canoës. La rivière charrie par moment pas mal de morceaux d’herbiers. Avec tout cela, il ne faut pas aller sur la Touvre pour espérer faire de gros scores, mais pour prendre un ou deux beaux poissons par sortie (plus des non maillés, mais avec une maille à 40, les non maillés de la Touvre sont déjà des plaisants poissons…). Non seulement la défense de ces farios est particulièrement plaisante grâce à leurs mensurations un peu hors norme, mais en plus la Touvre produit beaucoup de poissons au-dessus de 60 cm. Les tromper et ensuite gagner le combat est réservé à des pêcheurs vraiment très aguerris. J’ai décroché tout récemment une très gros poisson sur une imitation de gammare en hameçon de 16, sans ardillon. Il était impossible à brider, c’était lui le boss. Néanmoins, il avait été impossible de lui faire prendre autre chose que ce minuscule gammare… c’est le jeu ! Ce jour-là, j’ai pu tout de même toucher 7 poissons, 4 de pris dont 3 entre 20 et 30 (des bébés sur la Touvre), et un seul de maillé. Cela console !
Au plaisir d’accompagner des Fous de Toc sur cette incroyable rivière.

Sébastien Demay

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