La prédation des salmonidés surdensitaires : quel impact ?

La prédation des salmonidés surdensitaires : quel impact ?

L’introduction de salmonidés de taille supérieure à la taille légale de capture (stade « surdensitaire ») est très souvent synonyme pour beaucoup de risque de prédation sur les autres poissons. Mais qu’en est-il réellement ? C’est ce qu’une étude publiée en 2014 par la FDPPMA 65 se propose de mettre en lumière (Delacoste, Lucas 2014).
Les contenus stomacaux de 80 salmonidés surdensitaires (47 truites fario, 13 saumons de fontaine et 20 truites arc en ciel) ont ainsi été recueillis de mars à juin auprès de pêcheurs dans quatre rivières pyrénéennes aux caractéristiques physiques et de peuplements différentes : l’Echez, l’Adour, le Gave de Pau et l’Arros. Ces salmonidés, de 20 à 57 cm, avaient passé de 1 à 51 jours en milieu naturel.
Sur les 78 estomacs analysés, 2 n’étant pas exploitables, un seul, issu d’une truite fario de 26cm, qui avait séjourné dans l’Adour pendant 6 jours, contenait des restes de poisson, sans doute un petit cyprinidé. 18 étaient vides ou ne contenaient que des débris divers (minéraux, végétaux ou de plastique) et les 59 autres avaient ingéré des invertébrés aquatiques (insectes ou crustacés).
Ces résultats semblent démontrer que la prédation des salmonidés surdensitaires sur les autres poissons du milieu dans lequel ils sont introduits, qu’il s’agisse de petites espèces d’accompagnement ou de juvéniles de truites, est très faible, voire négligeable.

Une autre étude très poussée, publiée récemment par l’UC de Louvain, a porté plus spécifiquement sur les effets de la prédation des truites arc en ciel déversées pour la pêche de loisir. L’analyses des contenus stomacaux de 255 truites, déversées tous les 15 jours pendant deux mois et demi sur une portion de l’Aisne, a montré qu’ils étaient souvent vides ou avec peu d’élément, principalement composés d’invertébrés. Aucun poisson n’a en revanche été observé dans le contenu de leur estomac.

Si dans ces deux études, l’impact de la prédation directe de ces « surdensitaires » semble peu important et ne semble pas concerner d’espèce à statut de conservation, en revanche l’impact indirect, via la compétition alimentaire, n’a pu être évalué.

Delacoste, Lucas 2014 : Delacoste (M.), Lucas (M.). – Étude des proies consommées par les salmonidés surdensitaires. Importance de la prédation exercée sur les autres poissons. Rapport FDAAPPMA 65, nov. 2014, 7 p.
Frutsaert 2018-2019 : Frutsaert (G.). – Effets de la prédation des truites arc en ciel déversées pour la pêche de loisir sur la faune aquatique d’un ruisseau ardennais. Cas de l’Aisne à Erezée, Université Catholique de Louvin, Facultés des bioingénieurs, 2018-2019, 122 p.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.