"Ma plus belle truite" : Serge Bonnefois

La série "ma plus belle truite" continue avec un récit de l'ami Serge Bonnefois... 

La truite d’un après-midi de juin


Après un mois d'avril dès plus sec, la pluie fut la bienvenue en mai et en juin. Les cours d'eau ont repris « bonne figure » et les truites un peu de leur forme.
En ce week-end de début juin, les orages ont grondé toute la nuit donnant un peu plus d'eau et des couleurs aux vallées du Diois. 
Nous sommes dimanche, en ce début d'après-midi je pars visiter une vallée magique de la Drôme, à deux pas de Die. Proche est la ville, mais aussi proche sont les montagnes et les vertes prairies. 
Les touristes commencent à affluer et je me presse sur les routes qui me conduisent au paradis. 
Je m'apprête, je monte ma ligne et je descends le long du champ pour y trouver un accès à la rivière. Cela ne me prendra pas trop de temps et rapidement je suis en action de pêche, les niveaux sont correct, l'eau est teintée, le ver va donc être l'appât de ce dimanche de juin. 
De gros nuages restent collés aux montagnes qui m'entourent, toute l'après-midi je vais avoir droit à ce ciel aux mille couleurs tantôt gris, tantôt jaune, ce mixte donnera quand je lèverais la tête de ma pêche des tableaux aux somptueuses couleurs. Les oiseaux vont être aussi de la partie, m'accompagnant de branches en branches aux grès de mes coups de ligne, des touches et des truites prisent. Je suis bien, seul avec moi-même, pêchant encore et encore, m'émerveillant devant la robe des truites.


Le temps passe, les heures s'égrainent au fil des coups de ligne. 19h je pourrais encore profiter de quelques heures de pêche, profiter des truites, mais la réalité du quotidien me fait dire qu'il est temps de donner le dernier coup de ligne, de mettre un terme à cette partie de pêche somptueuse.
Je suis devant deux gros blocs rocheux formant en aval un léger gourd avec un remous profond, je jette ma ligne dans la partie lente du courant, soudain la touche est là. Une touche lourde suivie d'un ferrage rapide et ample, je comprends très vite à qui j'ai affaire, ce n'est pas une débutante. 
Comme le font souvent les gros poissons, un instinct de survie les entraines dans le courant, la canne est pliée en deux, je ne peux lutter contre la force de ce poisson, contre la force du courant. Je le bride juste, le laissant descendre le courant et se retrouver dans un remous, non loin d'une berge creuse. Le poisson est gros, je lutte contre lui, ne pouvant le faire venir à moi. 
La truite des plus coquines regagne une nouvelle fois le courant, je cours après elle sur la berge, je deviens « un clone de Zanella ». Je suis en transe, la peur au ventre la ligne risque de se rompre à tout moment, mais les dieux de la pêche vont être à mes côtés. 
Il est 19h10 le poisson est échoué sur la berge à la fin de ce grand lisse. Dix minutes qu'y on était pour moi des heures, je tiens là le poisson d'une saison 42 cm de muscle. Une truite grise, une truite magique, une de ces truites qui vont rester dans la vie « d'un fou de TOC ». 
Sans doute certain en me lisant se diront que 42 cm reste un modeste record, mais pour moi, pour les endroits que je fréquente tout au long de la saison c'est un très joli poisson. L'histoire ne pourra dévoiler l'avenir de ce poisson, mais quoi que fût son destin, elle restera la truite d'un après-midi de juin, la truite d'une vie de pêcheur

La truite d'un après-midi de juin ...de Serge

 Serge

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