Ces algues qui prolifèrent...

La prolifération d'algues dans les cours d'eau est un phénomène qu'on observe de plus en plus souvent, que ce soit en eau stagnante ou courante. Mais qu'en est-il vraiment ?
On en souvent tendance, et un peu trop hâtivement apparemment, à assimiler la présence et le développement de ces algues comme la résultante d'une pollution. Il n'en est souvent rien, ce phénomène s'avère le plus fréquemment tout simplement naturel. Il est variable d'une année sur l'autre selon la conjonction de plusieurs facteurs. A noter que des algues sont toujours présentes dans les cours d'eau et qu'elles ne sont visibles à l’œil nu que lorsqu'elles prolifèrent.

Algues filamenteuses vertes

Les plus connues, les algues vertes filamenteuses peuvent vivre en suspension ou se développer sur un support naturel ou artificiel. Certaines s'accrochent aux herbiers, dont l'importance varie également chaque année selon les crues ou les périodes d'étiages, qui leur servent également de nutriments lorsqu'ils se décomposent. Les zones de courant faible, naturelles ou liées à la présence d'obstacles, constituent également un autre facteur favorable. La présence de nutriments azotés, phosphorés et carbonatés est aussi nécessaire.
Ces facteurs réunis, quelques jours de fortes chaleur suffisent à la prolifération d'algues filamenteuses. Ces algues ne ne sont pas néfastes en soi, remplissant plusieurs rôles essentiels au sein de l’écosystème aquatique dont celui de nutriments pour les macroinvertébrés benthiques (larves, nymphes, vers, mollusques, crustacés). Ce n'est que lorsque l’eau est anormalement riche en éléments nutritifs, qu'elles se multiplient excessivement, ce qui peu perturber l’équilibre de l’écosystème en formant des amas gluants (bloom, fleur d’eau ou bien efflorescence) qui peuvent finir par envahir et étouffer un plan d’eau.

Cyanobactéries

En revanche, une autre catégorie d'algues, les cyanobactéries (algues bleues) comptent quelques espèces qui peuvent produire des toxines conduisant parfois à d'impressionnantes mortalités de poissons. Ces cyanobactéries sont présentes naturellement dans les milieux aquatiques mais deviennent problématiques lorsqu’en trop grand nombre suite à un surplus de phosphore et de nitrates (phénomène d'eutrophisation).
Ressemblant aux algues vertes, leur identification se fait au microscope mais il est possible de faire un test qui permet de les différencier. Il suffit de passez vos doigts dans l’efflorescence, laissez l’eau s’égoutter et regardez ce qu’il reste dans votre main. De façon générale, si il reste des filaments ou des masses fibreuses, il s'agit d'algues vertes ; dans le cas contraire (morceaux gluants) vous avez affaire à des cyanobactéries (un lavage des mains au savon et à l'eau chaude est nécessaire). En cas de suspicion, une analyse en laboratoire reste nécessaire et est même conseillée.
Enfin, il existe un troisième groupe d'algues, les algues diatomées (algues brunes), reconnaissables à leur coloration brunâtre, qui forment, à leur mort une couche organique brune sur les roches ... provoquant souvent de mémorables glissades chez les pêcheur ! Elles seraient le groupe végétal le plus répandu et constitueraient la majeure partie du phytoplancton. Elles comptent aussi parmi les éléments bio-indicateur de la qualité des cours d'eau (IBD).

Diatomées

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