Les Fous de toc se lâchent...Jean-Marc Arrouzé

Il est des personnes qu'on remarque du premier coup d’œil. Jean-marc Arrouzé en est une. C'est un passionné, un vrai, enthousiaste et pétillant ...et ce qui ne gâche rien une belle plume.
Notre série "Les Fous de toc se lâchent" s'arrête ici. Je tiens à remercier tous les membres de l'association qui se sont prêtés à cet exercice en espérant que ces récits vous ont plu.
Je vous laisse maintenant en compagnie de Jean-Marc...

En ce 17 mai 2057...





J’entends la symphonie des eaux vives ; au loin d’abord, et puis de plus en plus distinctement, car je me rapproche. Le spectacle est commencé depuis des siècles, mais mon émotion est immense. En ce début de mois de mai, l’odeur de la nature en éruption me saisit, je la reconnais cette odeur authentique que je viens chercher depuis toujours à pareille époque de l’année. La brise fraiche me caresse le visage, je vais pêcher, je suis heureux! Comme les orgueilleux bourgeons, mon cœur est prêt à éclater. Je m’engage dans le sous-bois, je devine le coin que je convoite, j’ai hâte. Imperceptiblement, je presse le pas, et enfin la rivière se découvre à mes yeux, elle est magnifique. L’eau chantante en pleine représentation ne montre aucun signe de lassitude, elle joue sa plus belle partition, swinguant et virevoltant. Je prends enfin place dans la salle de concert, et découvre la scène époustouflante ! L’endroit est un patchwork d’ombre et de lumière, l’eau cristalline se teinte de milles couleurs.
Évitant les gestes brusques et inutiles, j’entre dans l’eau à pas de loup sous la frondaison. A cette heure, mon ombre et celle de ma canne ne sont  pas projetés sur l’eau. Je me blottis contre les rochers enrobés de mousse, j’envisage de pêcher la sortie du courant, le lit de la rivière ainsi que la bordure de courant opposée à la berge où je me trouve. J’èche une mouche naturelle sur mon hameçon de 14, et effectue la première dérive. Après quelques ajustements de la plombée, je passe mieux et rapidement la première attaque survient, violente, le ferrage est souple et rapidement, la première truite est mise au sec, d’une taille honorable, sa magnifique robe zébrée semble rassembler toutes les couleurs et nuances de son environnement. Six autres truites suivrons, mais rapidement je n’ai plus de mouches, tant mieux, il est temps de laisser tout ce petit monde en paix. Je quitte cet écrin piscicole et rejoint ma voiture.
En ce 17 mai 2057, sur la route qui me reconduit à la maison, je pense au bonheur de vivre de tels moments, et j’exprime toute ma gratitude aux hommes et femmes qui, il y a quarante ans se sont mobilisés et battus contre la folie des spéculateurs et autres pseudos écologistes,  pour protéger les milieux aquatiques et préserver ces coins de paradis.

Jean-Marc Arrouzé

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