Les Fous de toc se lâchent...Philippe Garnier

Philippe Garnier alias Phil Tocqueur, pratique le Toc mais aussi le tenkara : c'est un excellent monteur de mouche. C'est aussi est un ardent défenseur des milieux aquatiques que vous pouvez retrouver dans son blog "Frissonshalieutiques". Il nous emmène ici dans une de ses rêveries "fariotiques"...

C’était en été et c’est bien là la seule chose de sûre. Je me revois encore en short et tee-shirt au bord de l’eau à taquiner dame truite. Depuis la veille aucune belle n’avait dénié me rendre visite. Le ruisseau était beau et prometteur. Il descendait de la montagne. Son eau fraîche serpentait entre les rochers proposant, çà et là de magnifiques caches. Cela faisant quoi 4 … 5 minutes que j’étais là quand la canne se plia, le scion à quelques centimètres du talon. Que dire des secousses et du ressenti …. de la balle. Une montée d’adrénaline comme jamais j’en avais pris et le bruit … Le cliquetis du moulinet rythmant le déroulement du fil à la vitesse du monstre refusant la mise au sec. S’il y a un tracteur dans cette rivière, j’y suis attelé et tu vas comprendre que rien sur terre n’est acquit avec facilité. « Il va falloir te battre » me dis-je « faire honneur au diamant des rivières ».

Enfin soyons clair … hein … là tu ne te dis rien … t’essaies simplement de faire le moins de conneries possibles afin de ne pas permettre au poisson de partir suite à une casse avec 20 … 30 mètres de nylon. Alors tu t’accroupis pour essayer de contrer le rush … mais tu subis … un coup à droite … pareil … alors tu balances tant bien que mal la canne à gauche mais il y a cet arbre là … celui qui t’empêche de faire comme il faudrait ou comme tu aurais voulu. Alors t’avance encore dans le sens de fuite du poisson, mais tu subis. Le cliquetis sonne toujours. Dame Fario te rappelle qu’elle est chez elle, que tu ne pourras jamais courir aussi vite qu’elle peut nager. Et cette rivière qui tourne. Alors tu tiens la canne à bout de bras au dessus des ronces pour négocier le virage. Le cliquetis sonne toujours 40 … 50 mètres. Tu n’es pas loin d’être en fond de bobine. Tu transpires, t’as chaud mais il semblerait que ton adversaire soit dans le même état que toi. Alors tu moulines pour récupérer un peu de marge, de fil pour assurer la sécurité … au cas ou !! Tu moulines mais ce cliquetis ne veut pas faire silence. Il te semble pourtant prendre le dessus sur ton partenaire de jeu. Tu regardes ton moulin, ton frein … tout semble normal. Plus tu moulines et plus ça couine …
Pitin de réveil. Je m’endors tous les soirs en espérant reprendre ce combat et me réveille tous mes matins de pêche pour vivre ce rêve. Je ne pense pas être le seul à avoir vécu des péripéties « fariotiques » nocturnes. Mais pour ma part c’est aussi pourquoi j’y retourne, pour être comme dans mon rêve. Dans cet état de plénitude, de stress, toujours sur la corde entre les deux et ne jamais savoir ou connaître la surprise cachée derrière le prochain caillou.
Bonne ouverture à tous.

Halieutiquement. 

Philippe Garnier
https://frissonshalieutiques.wordpress.com/
Le Blog de Phil Tocqueur

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